C'est chouette d'être gentil, tout le monde vient vous demander un truc, ou compte sur vous pour faire des trucs chiants qui s'entassent. Et quand on est gentil, on dit rarement non. On n'espère même pas de retour. Et on se dit que s'il y a un retour ou un renvoi de la balle, on a affaire à quelqu'un de réglo, de cool. Et s'il n'y a pas de retour, on continue quand même, puisqu'on est gentil. On se rend vite compte qu'on trouve de plus en plus de trucs à faire, les camarades savent bien qu'en bon gentil, on sera ravi de s'occuper, ou pire on ne supporte pas de rester à ne rien foutre. Alors au début c'est sympa, ça occupe, le temps passe vite, et les gens ont l'air content. Et quand ils sont réglos ou cools, ils le font savoir, qu'il sont contents. Et même si on ne cherche pas de retour, ça fait du bien de s'entendre dire qu'on a fait du bon boulot.
Mais le retour, ça s'estompe, et un décalage se creuse entre les gentillesses que l'on fait pour rendre service, parce que ça ne nous dérange pas, et les retours, les renvois de balle, ou juste la reconnaissance. Et on continue à être gentil, et ça commence à être normal de compter sur nous pour faire des trucs chiants qui s'entassent. Puisqu'on est gentil, on va dire oui. On va même couvrir des trucs pas forcément très réglos de nos camarades. Mais c'est normal, dans une équipe, faut se serrer les coudes. Et puis les trucs chiants qui s'entassent, c'est pas vital, ça peut toujours attendre, ça sera bien fait un jour ou l'autre.
Mais quand on est gentil on craque souvent avant les autres, on se dit que y'en a pas pour longtemps de faire ce truc chiant qui s'entasse. On offre du temps aux autres, on leur consacre de notre temps à nous. Qui nous sert aussi à faire des choses, et pas toujours des choses chiantes. Mais quand on est gentil, nos choses à nous passent souvent après les choses des autres.
Et là, j'en ai ras le bol de consacrer du temps, de l'oreille, de l'énergie à des gens qui savent mettre à profit le gros tonneau que je trimballe autour du cou, assorti à mon pelage marron et blanc. Un jour, je penserai que à moi, et je deviendrai une conne pour tous ceux à qui j'ai donné de mon temps et que j'enverrai sur les roses, et qui ne me le rendront jamais, mon temps.
Une semaine, c'est une diagonale. Lundi dort juste sous ma paupière, ses six compagnons s'en éloignent les uns après les autres. Dimanche est déjà bien loin, à la frontière de mes pensées. Une semaine, c'est des jours en noir et blanc. Les plus sombres, les plus gras, les plus complexes, c'est mercredi, samedi et dimanche, les jours du bruit et du calme, de l'effervescence et de la tranquilité, de l'imprévu et du soigneusement organisé. Les plus clairs, mardi et jeudi, c'est grand-père et grand-mère, et maman. Entre les deux, lundi et vendredi, jours un peu fadasses même s'ils peuvent prolonger samedi et dimanche. Une semaine, c'est une diagonale en relief, les jours disséminés dans l'espace. Mardi et jeudi tout au fond. Lundi et vendredi en surface. Entre les deux, mercredi, samedi et dimanche. Une semaine, c'est un tableau. Une case pour un jour. Juste la place pour qu'à chaque jour on donne son nom. Times New Roman ou Arial. Et tout en majuscules.
Voilà comment c'est aménagé, une semaine dans ma tête.
C'est marrant, l'ambiance du matin en camping. Les gens émergent petit à petit. Les familles prennent leur petit déjeuner. En famille. Et en s'enguirlandant, la plupart du temps. Le petit chiant asticote ses grandes soeurs qui viennent de sortir leur nouveau bikini pour aller passer la journée à la piscine. Il les ridiculise, et quoi qu'on lui dise, le mal est fait. Adrien, du haut de ses six ans, a réussi à mettre innocemment le doigt sur la fierté de la meuf djeun's top in the move du camping. La grande a sorti son bikini pour aller guédra avec ses tchopines, hhihihihihihihihihi balancement de mèches sur les côtés rire de Kevina. Elle part avec le paréo assorti au maillot, pas le même que la veille évidemment. Elle déjeune avec ses parents, puis elle repart, sur son podium virtuel, retrouver ses copains de camping, qui font de même. Le soir, elle rentre de la piscine, elle prend une douche, et le festival commence réellement. Elle lisse ses cheveux, revêt son pantalon taille basse nombril à l'air hihihihihihi rire de Kevina balancement de mèches, chausse ses escarpins (ou ses baskets Fila), attrappe son petit sac à main. Elle ne pourra partir qu'après le sempiternel et interminable dîner communautaire. Et il tarde, le dîner. Mais ensuite, vive la liberté.
"Ne rentre pas trop tard, fais pas de bruit en te couchant ! "
Bien sûr qu'elle rentrera tard. Jusque dans l'allée elle titubera, encadrée -voire soutenue- par ses potes. Puis, lorsqu'ils seront partis, elle règlera son pas sur celui du Keyser Soze. L'équilibre revient comme par magie. Bien sûr que non, elle n'est pas saoûle. Mais c'est tellement in de le faire croire. "T'es sûre que ça ira, tu vas pas réveiller tes renps ? Mdrrrrr t'es déf..."
Mais oui ça ira, mais non elle n'est pas ivre. Elle rentrera à pas de velours, sans un bruit. Elle craindra le moindre craquement sous son pied. Elle redoutera qu'Adrien l'aie entendue et le fasse savoir, au petit matin, pendant le petit-déj communautaire, quand elle se joindra à la tablée dans son nouveau bikini. Pas le même que la veille, évidemment.
Elle subira les brimades d'Adrien qui garde le doigt dans la plaie. Une plaie qu'il se plaît à agrandir chaque matin. Du haut de ses six ans, il avait tout compris. Adrien.
J'ai trouvé la solution pour mon Yucca (Cf. là). Je l'ai d'abord rempoté. Dans un pot plus grand, donc. Mais j'avais pas assez de terre, il avait un peu froid. Je l'ai donc remis dans son pot originel. Je crois qu'il n'a pas aimé quand je lui ai arraché une racine ou deux (qui sont du coup restées dans le grand pot) en voulant le sortir délicatement pour le déménagement.
Comme ça allait pas mieux, j'ai pris la lourde décision d'opérer. Je l'ai carrément coupé en trois, une partie dans un verre d'eau, et l'autre partie toujours dans la terre. On verra bien ce que ça donne.
En espérant que Monsieur Lavoisier avait raison quand il disait "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme".
Surtout pour" rien ne se perd".
Mon yucca est en train de crever. Il est tout penché comme un gamin qu'on aurait envoyé au coin. Il a les bras ballants, j'ai tenté les ampoules d'adré, l'intubation, mais rien y fait. On dirait un saule pleureur maintenant. Alors qu'il est bien à la lumière, que je ne lui donne plus autant à boire que quand une de ses ramification a moisi.
Et il a des racines qui poussent dans le vide.
C'est grave docteur ?
C'est souvent dans des endroits romantiques et incongrus, en tête à tête avec notre nombril, que des interrogations métaphysiques viennent à emprunter les sentiers enchevêtrés de nos fibres intellectuelles. Allongé sur le sable, les yeux dans les vagues. Posé dans un parc calme et fleurant bon les feuillages verdoyants. Goûtant aux délices d'une douche bien chaude au saut du lit. Dans un demi-sommeil régalant, dans le train qui nous mène là où la prairie est plus verte, le sourire aux lèvres, la salive à la joue. Un Voici posé sur les genoux, les sourcils interrogateurs, dans une petite pièce exigüe en train de faire caca. Ou simplement là, dans ce vieux fauteuil qui aurait tant d'aventures à raconter.
Voilà donc mon problème : deux A4 coûtent-ils un A3 ? Un A3 vaut-il davantage de menues piécettes, dans la mesure où il équivaut à une plus grande quantité de papier ? Ou bien deux A4 dépassent-ils le montant d'un A3, puisqu'on a ajouté une action sur ce dernier en le coupant en deux ?
Et dans un autre registre, je me suis débarrassée de ce ti(o)c consistant à annuler un tour sur moi-même par un tour dans le sens inverse. Pour ne pas briser l'équilibre, voyez-vous. Chaque chose a con contraire, comme on le dit, donc chaque action doit bien avoir sa ré-action. Donc un tour sur soi-même équivalant à un retour au point de départ, il convient d'annuler cette action nulle par une ré-action, soit un tour dans l'autre sens. Vous me suivez ?
Enfin bon, de toute façon je ne me sens plus obligée de le faire, donc vous pouvez bien me dire que je suis névrosée, sur ce point là je ne me sens plus concernée.
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Comeuntses